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Publié par union pour Firminy

Le Corbusier Le "blockhaüs" avant que notre équipe ne s'interroge sur votre patrimoine...
Qu'en auraient ils fait?
Aujourd'hui, cela fait la fierté de tous les Appelous.






Quarante ans après la mort de Le Corbusier, l'église Saint-Pierre voit le jour à Firminy

LE MONDE | 24.02.05

L'ouvrage en béton dessiné par l'architecte en 1964 se construit enfin. Il aura fallu la ténacité de nombreux militants et doter l'édifice d'une vocation culturelle pour venir à bout de ce projet.

Un cône en béton s'élève dans le ciel de Firminy (Loire). Quarante ans après sa conception, un des derniers projets de Le Corbusier, l'église Saint-Pierre de Firminy-Vert, est en train de voir le jour. La cinquième tranche de béton de 2,70 m de haut, sur les neuf qui formeront le cône, a été coulée. La livraison du bâtiment est prévue pour février 2006. Ce sera le terme d'une aventure qui aura vu s'associer, depuis 1965, des religieux et des politiques, des artistes et des quidams, des architectes et des historiens pour tenir la promesse faite à Le Corbusier que cet édifice ne resterait pas à l'état de plan.

L'église Saint-Pierre est commandée à l'architecte en 1960 par l'association paroissiale, avec le soutien du maire de Firminy, Eugène Claudius-Petit. Promoteur de l'architecture moderne de l'après-guerre, cet ancien ministre de la reconstruction a déjà commandé pour sa ville, à Le Corbusier, une unité d'habitation, une maison de la culture, un stade et une piscine.

Pour l'église, l'architecte dessine un plan carré sur quatre niveaux desservis par une rampe, surmonté d'un monumental cône tronqué en biseau qui porte un petit clocher en équerre. L'ensemble est laissé brut de décoffrage et la dalle inclinée qui ferme le cône est percée de deux "canons à lumière".

En 1964, les plans sont adoptés, la paroisse a réuni par souscription de quoi financer le début des travaux. Mais, en août 1965, Le Corbusier meurt. Les autorités de l'Eglise montrent peu d'empressement à voir réaliser ce coûteux ouvrage.

L'association paroissiale se dissout alors dans une nouvelle Association Le Corbusier pour l'église de Firminy-Vert, constituée par des laïcs en 1967 et portée par Eugène Claudius-Petit. Bientôt épaulée par une Association des amis de Le Corbusier, elle n'aura de cesse de réunir des millions de francs pour faire aboutir le projet, même après la perte de la municipalité par Eugène Claudius-Petit face au Parti communiste en 1971.

La première tranche de travaux est réalisée entre 1973 et 1977. Alors que seul le gros œuvre du socle formé par les niveaux bas est achevé, le chantier s'interrompt pour de bon en 1978. Les associations ne peuvent financer l'édification du cône de béton.

Les broussailles envahissent le blockhaus à l'abandon. Mais les amis de l'église ne désarment pas. Cette ruine contemporaine est inscrite à l'inventaire supplémentaire en 1984, puis classée monument historique en 1996. Une décision qui permettra de faire financer par l'Etat la moitié de la reprise des fondations et de la restauration des bétons lors de la relance du chantier.

Favorisée par la nouvelle municipalité  élue à Firminy en 2001, cette reprise des travaux est gagnée en septembre 2003. Mais, dans la bataille, l'ouvrage a en partie perdu sa vocation religieuse. Une antenne du Musée d'art moderne de Saint-Etienne et un lieu de référence sur l'œuvre de Le Corbusier vont prendre place dans les 1 000 m2 des niveaux inférieurs, initialement dévolus à des activités paroissiales. L'Association Le Corbusier pour l'église de Firminy-Vert a donné le bâtiment à la communauté d'agglomération Saint-Etienne-Métropole, désormais chargée d'achever l'édifice.

Ce montage permet de financer les 6,8 millions d'euros du chantier en partie par des fonds publics (Europe, Etat, collectivités locales) s'ajoutant aux dons privés. "Au total, plus de 30 millions de francs (4,5 millions d'euros) ont été réunis grâce à la générosité de laïcs unis par un idéal humaniste, se félicite Dominique Claudius-Petit, qui a repris le flambeau après la mort de son père en 1989. Nous avons toujours eu le souci de ne pas violer la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui interdit la construction d'édifices religieux avec de l'argent public."

DES MODIFICATIONS DISCUTÉES

Reste à savoir si l'on a toujours affaire à une église. Le niveau supérieur conserve son architecture d'église et le mobilier de culte dessiné par Le Corbusier, mais il n'est pas certain, d'après Saint-Etienne-Métropole, que les lieux soient jamais consacrés. Ils pourraient se contenter d'accueillir les fidèles de Le Corbusier venus célébrer le plus vaste ensemble construit par l'architecte. A l'inverse, l'Association Le Corbusier attend avec impatience la première messe qui marquera la naissance de l'église.

Le problème n'est pas uniquement religieux. Si l'édifice n'est plus vraiment une église, certains se demandent également si ce sera véritablement du Le Corbusier.

La Fondation Le Corbusier, légataire universel de l'architecte et gardienne sourcilleuse de sa postérité, n'accepte qu'avec réticence les constructions post mortem d'œuvres de l'architecte. "Dans le cas de Firminy, nous étions tout à fait favorables à ce que l'église soit achevée, nous avons donc approuvé le changement d'usage des étages bas, indique Claude Prelorenzo, secrétaire général de la fondation. Mais nous sommes très attentifs aux modifications architecturales apportées au projet."

C'est l'architecte franco-américain José Oubrerie, ancien collaborateur de Le Corbusier, associé dès l'origine au projet de Saint-Pierre, qui exerce la maîtrise d'œuvre du chantier et adapte les plans du maître aux nouveaux usages et normes de sécurité. "Nous avons fait le choix d'identifier clairement nos ajouts quand nous ne pouvions pas les dissimuler", explique Aline Duverger, qui supervise le chantier comme architecte d'opération.

Les discussions entre la fondation et José Oubrerie ont parfois été vives. "Le Corbusier était attentif au moindre détail, chaque changement peut rompre l'harmonie de l'ensemble. Nous avons demandé des amendements au projet, sans obtenir de réponse précise. Au final, nous jugerons sur pièce. C'est nous qui délivrerons ou non la signature Le Corbusier à l'église", prévient M. Prelorenzo. Sans ignorer que, dans l'esprit de tous, Saint-Pierre est déjà, comme Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp, une "église Le Corbusier".

Grégoire Allix
courrier-directeur-architecture-et-patrimoine.pdf courrier-directeur-architecture-et-patrimoine.pdf  (
cliquez sur le lien)

 
L'équipe de Dino Cinieri est à l'initiative de ce projet,
le nouveau Maire communiste (2008-2014!) ne fait que poursuivre les travaux commencés. "
 
Rendons à Jules ce qui appartient à César!!!


Le-Corbusier079.pdf  Le-Corbusier 079.pdf   (cliquez sur le lien)

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